Le mot du Directeur de l'élémentaire

Chers collaborateurs,

Une année scolaire est là, elle nous est encore donnée  pour tenter de nous surpasser dans l’effort. Chaque élève est appelé à travailler dur, à épouser l’esprit de compétition pour être parmi les meilleurs, pour être excellent. Tout élève à certes un soi idéal (ce qu’il veut ou souhaite être idéalement) mais aussi un soi obligé (les attentes de ses parents à son égard). Tout apprentissage comporte ses difficultés. Toutefois, l’exercice non réussi, la leçon non comprise ne doivent pas pousser à la résignation acquise (tendance à mettre fin à ses efforts  après un certain nombre d’échecs, même si de nouvelles tentatives pourraient mener au succès.). Pour se rapprocher de ces « SOI », il y a l’enseignant qui, dans la classe, est le capitaine d’équipe. Pour cela, voici mon CREDO pour des enseignants à l’école primaire au troisième millénaire :

  • Je crois à l’enseignant capable de travailler en équipe.

La solitude est un désavantage professionnel et humain redoutable pour l'enseignant. Il ne faut pas hésiter à tirer profit de la présence des collègues et des partenaires (les maîtres, les conseillers pédagogiques, l'inspecteur chargé de la circonscription… ) pour construire son enseignement . Enseigner, c’est d’abord une relation humaine.

  • Je crois à l’enseignant qui identifie toujours  avec précision ce qu’il veut enseigner et ce que les élèves ont appris.

Le cœur du métier se situe dans cette dialectique. L'oublier, c'est risquer de se perdre dans les tâches machinales au détriment des progrès réels de tous les élèves. C’est ne s’occuper que de la forme au détriment du fond. C'est surtout risquer de laisser les élèves les moins avancés sans assistance pédagogique, au bord du chemin. Et puis surtout, un élève qui sait ce qu'il apprend, ce qu’il a appris et ce qu’il va encore apprendre est un élève motivé pour vivre en classe. La question de la discipline (au sens du comportement) ne se pose plus pour lui.

  • Je crois à l’enseignant qui garde en permanence en mémoire ses responsabilités d'adulte ayant autorité morale sur les élèves.

On doit donc soigner son langage et son attitude. On ne doit jamais oublier ses obligations de surveillance et l'interdiction absolue de violence physique ou psychologique envers les enfants. Ta manière d’enseigner reflète ta manière de voir l’homme et sa société. Comme le disait Jaurès, « On n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est ».

  • Je crois à l’enseignant qui sait soigner les conditions matérielles de l'enseignement.

L'information nécessaire aux élèves pour leurs apprentissages passe par la voie visuelle et par la voie auditive. Négliger la qualité de ces deux vecteurs de l'apprentissage, c'est risquer de défavoriser les élèves qui ont du mal à apprendre. On doit donc soigner l'éclairage, le tableau, les supports écrits (affiches, cahiers, reproductions), mais aussi le confort sonore de la classe. C'est en cela que la classe est un espace particulier qui se distingue du reste de l'école. Tout y est conçu pour favoriser les apprentissages.

  • Je crois enfin à l’enseignant qui sait soigner son cahier journal et ses fiches.

Ce sont les principaux outils professionnels de l’enseignant. Ils permettent de structurer la préparation de la classe et de rendre compte en toute transparence de ce qui a été réalisé. Et surtout, ils structurent toute la vie de la classe au fil de l'année scolaire.

Enfin je partage avec vous 12 Règles de bases pour éduquer un enfant que j’ai trouvées dans mes recherches. Dans le contexte d’éducation familiale pour une bonne scolarisation de l’enfant, j’ai jugé utile de vous partager. (Source : http://dobi.be/comment-eduquer-un-enfant-12-regles-de-base/)

Les voici :

1. Faites ce que vous dites et ne dites pas ce que vous ne ferez pas !

(pour rester crédible aux yeux de l’enfant)

- Si vous dites « Encore une fois et tu vas au lit » et que l’enfant désobéit encore une fois, ne lui laissez pas une seconde chance. Ne menacez pas dans le vide. Ne répétez pas 5 fois la même chose. Après une menace, agissez. (Sinon, l’enfant n’aura pas peur de vos menaces et n’obéira pas.)

- Ne dites pas une menace que vous ne saurez pas respecter. Ex: « Encore une fois et tu ne regarderas plus la TV pendant un mois » alors que vous savez que vous ne tiendrez pas cette interdiction aussi longtemps.

« Si tu continues, tu me le copieras 1000 fois » alors que vous n’exigerez que 20 fois ou 100 fois.
- Il est préférable de ne rien dire que de dire quelque chose que l’on ne fera pas.

- Soyez fermes, convaincus intérieurement que vous réussirez à obtenir votre demande.  L’enfant ne doit pas déceler de l’hésitation, et de la fragilité dans  vos consignes. 

- Arrêtez de criez;  dites une fois les choses et agissez calmement mais fermement.

2. Soyez plus têtu que lui !

Trop de parents craquent dès qu’un enfant « pique une crise capricieuse de colère » pour qu’il arrête sa crise.

Si vous dites « non« , il ne faut pas changer d’avis si l’enfant se met à pleurer, à râler, à bouder, à crier, à frapper, à se mordre,…

L’entêtement d’un enfant et le refus d’obéir est inversement proportionnel à l’entêtement des parents !
En effet, plus un parent « craque », cède, change d’avis, et plus l’enfant sera renforcé dans son comportement d’entêtement.
Un enfant dit « têtu », est donc le résultat d’un parent qui ne l’est pas assez.
Un des « trucs » dans l’éducation est donc d’ÊTRE PLUS TÊTU QUE SON ENFANT !!
L’enfant comprendra très vite que cela ne sert à rien d’insister, de pleurer, de faire une crise…

Pour réussir à « tenir tête », il faut :
prendre distance au niveau affectif,
ne pas se laisser amadouer par les pleurs,
ne pas avoir de compassion pour des comportements capricieux
se dire que si on craque, il aura « gagné »
se dire que si on craque, sa « crise » sera renforcée pour les prochaines fois
se dire que ce ne sont pas les enfants qui décident, mais les parents  (ils peuvent donner leur avis et dire ce qu’ils pensent)

3. Félicitez, encouragez ses bons comportements

- Ne lui faites pas seulement des remarques lorsqu’il désobéit, lorsqu’il fait quelque chose de mal.

Veillez à équilibrer vos critiques : qu’il y ait au moins autant de remarques positives que négatives.

- Évitez les récompenses matérielles systématiques. « Si tu as un beau bulletin, tu auras de l’argent, un vélo »

(Il doit bien se comporter par plaisir, pour faire plaisir, parce qu’il sait que c’est mieux et non pour recevoir quelque chose.)

- Récompensez le comportement plutôt que le résultat : un enfant peut travailler beaucoup et avoir 70 % à son bulletin pendant qu’un autre ne fait aucun effort et a 80 % à son bulletin.

Il faut donc récompenser, féliciter le travail fourni, les efforts consentis, le comportement plutôt que le résultat. Préférez-vous un enfant qui triche et qui gagne son match de tennis ou un enfant qui reste honnête, fair-play et qui perd son match ?

4. Donnez-lui beaucoup d’amour

- À côté de votre discipline, des punitions que vous lui donnez, passez du temps avec votre enfant. Jouez, discutez avec lui, intéressez-vous à ce qu’il fait et montrez-lui que vous l’aimez.  Écoutez-le. (C’est la meilleure manière pour qu’il comprenne et accepte la discipline que vous exigez.)

- Ne lui donnez pas de l’amour lorsqu’il fait quelque chose de mal, lorsqu’il désobéit.

- Faites-leur des câlins régulièrement !  Gâtez-les affectivement !

- Dites-leur explicitement que vous les aimez !

5. Sanctionnez directement (et pas deux jours après)

- Une sanction faite plusieurs jours après l’infraction aura nettement moins d’effet qu’une sanction qui suit directement le fait commis.

- Ne laissez pas votre enfant manquer de politesse, insulter quelqu’un sans intervenir, sans le sanctionner.

Choisissez des sanctions qui ennuient l’enfant. (Sinon il continuera à dépasser les limites sans craindre la punition.)

Ne choisissez pas de sanctions qui durent des jours, des semaines ou des mois.

6.C’est vous qui décidez !

Trop souvent, les parents laissent choisir l’enfant, et le laissent décider.
Or, c’est au parent à décider ce qui est le mieux pour l’enfant APRÈS AVOIR ÉCOUTÉ L’ARGUMENTATION ET L’AVIS DE L’ENFANT.

J’entends des parents me dire « Mon enfant ne fait plus de sieste, il ne veut plus. »
Je réponds « Ce n’est pas à lui de décider !  C’est vous qui savez s’il en a besoin, si c’est bon pour lui. »

7. Inculquez des valeurs (en montrant l’exemple) 

Pour que votre enfant soit armé à résister et à lutter contre l’égoïsme, la jalousie, la paresse, l’argent, la moquerie,…transmettez-lui les valeurs de respect des autres, de l’environnement, de patience, de calme, de persévérance, de politesse, de travail, de tolérance, d’écoute, de courage, d’esprit positif, de personnalité (oser être différent),…
en appliquant vous-mêmes ces principes !

8. Ne le gâtez pas matériellement ! 

Beaucoup d’enfants pensent que c’est normal de recevoir des cadeaux, d’être conduit à leur sport, de recevoir de l’argent, de recevoir à manger sans travailler, de recevoir de nouvelles chaussures et de nouveaux vêtements, de recevoir un ordinateur,…

Ne leur offrez pas tout ce qu’ils veulent. Ne leur offrez pas trop de cadeaux (superficiels)
Apprenez-leur la frustration de ne pas avoir ce que l’on veut quand on veut.

L’enfant blasé de cadeaux et de jouets n’est plus satisfait de rien.

9. Priorité au comportement, PAS AU RÉSULTAT

Que cela soit à l’école, dans le sport, ou dans les activités de l’enfant, n’accordez de l’importance qu’au comportement, qu’à l’attitude de l’enfant, pas au résultat.
En effet, exiger un résultat augmente d’une part le stress et met de la pression sur l’enfant, et d’autre part ne récompense pas toujours les efforts consentis par l’enfant. Un enfant peut travailler beaucoup et ne pas réussir, pendant qu’un autre peut ne rien faire et réussir.

10. Évitez, interdisez les TV, play-game , jeux vidéo (dans la chambre)

Laissez-les s’ennuyer pour qu’ils trouvent des occupations intéressantes (comme lire, travailler, jeux de société, jeux de rôle, dessiner, construire,…).
Ces jeux électroniques favorisent l’individualisme, « empêchent » de réaliser d’autres activités éducatives.
Chez nous, il n’y a aucun de ces jeux électroniques.  Seule UNE TV dans le salon est utilisée avec beaucoup de modération.
Résultat : des enfants avec beaucoup d’imagination qui inventent et jouent ensemble (entre frères et soeur)
Offrez-lui de BONS jeux 

11.  Ne le faites pas à sa place !

Développez son autonomie et son  « sens de l’activité » !

Pour favoriser l’autonomie, la débrouillardise, arrêtez de faire tout à sa place :

Apprenez-lui très tôt puis…

laissez-le faire ses tartines  (dès 5-6 ans)
laissez-le couper sa viande tout seul (dès 4 à 5 ans)
laissez-le manger avec deux couverts;
laissez-le s’habiller tout seul, mettre ses chaussures, faire ses lacets;
laissez-le ranger ses habits;
laissez-le téléphoner, et répondre au téléphone;
laissez-le porter son cartable (dès la maternelle);
laissez-le nettoyer ses chaussures;
laissez-le lacer ses chaussures;
laissez-le se déplacer à pied, à vélo (plutôt que de le conduire n’importe où, quand il le veut).

Et surtout, laissez-le se tromper, rater, recommencer,…

Le travail et la participation aux tâches ménagères et extérieures sont de bons moyens pour inculquer la valeur des choses, la valeur du travail, le courage,…

Tout ce que vous ferez à sa place l’empêchera de grandir, d’apprendre et de devenir responsable.

Le laisser faire habitue votre enfant à être ACTIF, à BOUGER pour obtenir ce qu’il veut et non à attendre qu’on lui apporte sur un plateau.

12. N’interdisez pas trop ni trop peu.

Repère pour l’interdiction : « Fait-il quelque chose de mal ? »

- N’interdisez pas systématiquement l’enfant d’aller jouer sous prétexte qu’il va se salir. Mettez-lui de moins beaux habits pour qu’il puisse s’exprimer, jouer librement. L’enfant n’a que faire des beaux habits si ceux-ci l’empêchent de jouer, de s’assoir* par terre,…

(Il ne fait rien de mal)

- N’interdisez pas systématiquement l’enfant de parler, de crier (dehors) sous prétexte que vous n’aimiez pas le bruit.

(Il ne fait rien de mal)

Si vous interdisez tout, trop, l’enfant ne saura pas s’épanouir ou n’acceptera pas votre discipline.

- Interdisez-lui de polluer, de frapper, de fumer, de jouer sur la route, de trop regarder la TV, de jouer à la DS, d’insulter…

(Il fait du mal aux autres, à l’environnement ou à lui-même)

13.  Appliquez ces conseils dès les premiers mois !

Ne croyez pas que parce qu’il n’est qu’un bébé, qu’un enfant, qu’il faut tout lui pardonner, tout lui permettre.

L’enfant comprend très vite ce qu’il peut et ne peut pas, ce qu’il faut faire pour obtenir ce qu’il veut.

14. Établissez un contrat avec lui  (s’il a au moins 8 ans, surtout avec les adolescents)

ATTENTION, JE N’AI PAS ENCORE EXPÉRIMENTÉ CE DERNIER CONSEIL.  Je ne peux donc pas vous assurer sa réussite et son efficacité.

Faites une liste de ce que vous aimeriez qu’il fasse, de ce qui vous déplait chez lui, de ce que vous n’admettez pas.

De son côté, l’enfant fait également une liste de ce qu’il vous reproche, de ce qu’il aimerait faire, de ce qui ne va pas.

Chacun prend connaissance de la liste de l’autre et vous commencez ensemble à négocier, à faire des concessions. (La présence d’un médiateur, d’une tierce personne objective peut être utile)

Une fois que vous vous êtes mis d’accord, que vous avez trouvé un terrain d’entente, définissez ensemble les sanctions à appliquer si l’un ou l’autre ne respecte pas le contrat.

EX: Si l’ado désobéit au contrat, il pourrait être privé d’une liberté qui était prévue dans le contrat.

Si un parent désobéit au contrat, l’enfant aurait une liberté en plus comme ne pas devoir faire la vaisselle pendant une semaine.

Chaque semaine, rediscutez, réévaluer le contrat, son application et modifiez-le si nécessaire (ensemble).

(L’avantage du contrat est que l’adolescent accepte et comprend beaucoup mieux les limites à respecter et les sanctions qui en découlent.)

Bonne Année Scolaire à tous !

M. François Béni Mensah